Les paradoxes de Dynamo.

Dynamo

Dans notre recherche d’outils informatiques permettant d’exploiter les informations contenues dans une maquette numérique, nous allons régulièrement parler de Dynamo.
En préambule aux articles à venir nous permettant de découvrir les bases et des exemples d’usage, je souhaite vous apporter mon regard personnel sur cet outil.
Dynamo est un outil intéressant permettant à certains de réaliser des compléments dans l’usage de Revit particulièrement efficaces. Et cela malgré les contradictions intrinsectes – les paradoxes – de Dynamo.

Paradoxe n°1 – l’usage de Dynamo.

À quoi sert Dynamo ? Sa raison initiale est la construction de géométrie par programmation – le Design Computing. L’idée d’autodesk était de reproduire dans Revit l’outil Grasshoper de Rhino. Très rapidement les utilisateurs de Dynamo , qui sont passés d’Autocad à Revit – et je suis de ceux là – entrevoient un usage différent. Pour eux Dynamo va leur permettre de retrouver un équivalent au LISP pour réaliser des macros, des opérations répétitives. L’usage courant de Dynamo n’est pas celui défini à son origine, et dans la pratique il est multiple. Dynamo permet :
– de construire mathématiquement des géométries (Design Computing)
– de réaliser des tâches répétitives (Automation)
– d’exploiter les informations, les données d’un projet (le I du BIM)

Paradoxe n°2 – la promesse de la programmation sans code.

Dynamo se définit comme un outil de programmation visuelle. L’idée est de ne pas avoir besoin d’écrire de lignes de code dans un langage particulier, mais de dessiner un schéma élaboré à l’aide de briques prédéfinies, conçu pour réaliser une tâche spécifique, que l’on relie les unes aux autres pour élaborer une tâche plus complexe. Malheureusement les briques de base ne sont pas assez nombreuses ou pas assez puissantes. Nous sommes très vite limités. Dynamo propose alors de construire des « super briques » à l’aide d’une programmation classique en Python obligeant finalement l’utilisateur à écrire des lignes de codes. La promesse d’une programmation sans ligne de code n’est pas tenue. Par contre il faudra que je vous reparle du choix d’autodesk d’utiliser le Python car cela est très intéressant.

Paradoxe n°3 – l’impact sur notre temps de travail.

Généralement lorsque l’on cherche à automatiser certaines tâches c’est pour gagner du temps. Et dans les faits il va falloir savoir perdre beaucoup du temps avec Dynamo. À cela plusieurs raisons. La première est liée à la courbe d’apprentissage de l’outil. Pour être efficace avec Dynamo il y a des fondamentaux à avoir, tels que :
– la maîtrise de l’interface de l’outil (ce n’est pas le plus compliqué),
– avoir une bonne vision des briques de bases proposées par Autodesk,
– avoir une bonne vision des briques complémentaires disponibles sur Internet ( il y a en aujourd’hui plus 1490)
– maîtriser impérativement la manipulation des listes (les listes constituent la structure informatique dans laquelle les données sont transmises entre Revit et Dynamo et avec laquelle toutes les actions de Dynamo sont réalisées)
– avoir une bonne vision de l’organisation hiérarchique des objets dans Revit (catégories, familles, types, instances…)
– avoir quelques connaissances en programmation Python
Le second point que je souhaita aborder dans ce paragraphe est lié à la pérennité des outils réalisés sous Dynamo. Il faut régulièrement mettre à jour ou les refaire. Dynamo est encore dans les faits un outil laboratoire pour Autodesk. Des modifications profondes d’une version à une autre empêchent régulièrement des macros de fonctionner sans un minimum de corrections. Mais le plus délicat est lorsque vous utilisez des briques complémentaires (des packages dans le vocabulaire de Dynamo). Ils sont proposés gratuitement par une communauté très active. Mais ils sont mis à disposition sans aucune garantie de mise à jour, d’évolutions en parallèle des nouvelles versions de Dynamo.
En résumé il n’est pas évident de toujours gagner du temps avec Dynamo.

Conclusion

Tout cela ne va pas nous empêcher de réaliser ensemble des macros sous Dynamo.Bien au contraire. Il me semblait utile d’aborder ces points afin de bien appréhender l’usage de Dynamo et de comprendre pourquoi je vous parlerai aussi sur ce blog d’autres approches pour traiter les informations contenus dans un projet Revit.
À bientôt pour la suite.

2 commentaires

  1. Bonjour Christophe,
    Si je comprend bien, le module dynamo est du tout ou rien et/ou du rien ou tout. Paradoxal…
    J’aurais juste une question: faut-il commencer dynamo avec une formation ou bien commencer à tâtonner?
    Par avance merci.
    Guillaume

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    Réponse

    1. Bonjour Guillaume,

      Avant de répondre directement à ta question, sache que sur ce blog dans de prochains articles, ainsi que lors des prochaines réunions du LYRUG, tu trouveras les informations utiles pour bien commencer sur Dynamo.
      Alors faut-il partir seul à la découverte de Revit? Cela peut prendre beaucoup de temps. Toutes les informations utiles pour cela sont disponible sur https://dynamobim.org/learn/ , en anglais « of course ».
      Pour optimiser la courbe d’apprentissage, éviter les pièges, et réaliser rapidement des choses sympathiques, je te conseille une formation guidée. Les tutoriels à venir ici ou les présentations au LYRUG te permettront dans les mois à venir d’appréhender sereinement Dynamo.

      À ta disposition.
      Christophe

      J'aime

      Réponse

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